Les prix de l'orge fourragère continuent d'augmenter en Ukraine, sous l'effet conjugué de facteurs internes et externes. Les conditions météorologiques difficiles – pluies prolongées et forte humidité – retardent la fin des récoltes de fin de saison, tandis que les agriculteurs limitent volontairement leurs ventes de céréales. Selon la Bourse électronique ukrainienne, la demande d'orge a progressé durant la première semaine de novembre, entraînant une nouvelle hausse des prix de 50 à 100 UAH la tonne, pour atteindre 10 400 à 10 500 UAH/t (soit 217 à 220 $/t) pour une livraison dans les ports de la mer Noire.
Les cours actuels dépassent les sommets de la saison précédente, signe d'une concurrence accrue entre les négociants pour les volumes de céréales disponibles. Afin de garantir l'approvisionnement à l'exportation, les entreprises ont été contraintes d'augmenter leurs prix d'achat, les agriculteurs ne se précipitant pas pour vendre leur récolte, anticipant une nouvelle accélération de la hausse du marché.
L'augmentation significative des coûts logistiques constitue un autre facteur accentuant la pression sur l'offre. Le coût du transport routier et ferroviaire vers les ports a augmenté de 10 à 20 % (soit de 200 à 400 UAH/t) au cours du seul mois dernier. Cette situation a incité de nombreux producteurs à suspendre temporairement leur production, anticipant une baisse des droits de douane après la fin de la campagne de récolte des cultures tardives. Les analystes prévoient que la stabilisation des coûts de transport pourrait relancer les exportations d'orge, de blé et de maïs vers la fin de l'année.
Sur le marché intérieur, la situation de l'orge brassicole demeure difficile. La demande est quasi inexistante, les malteurs ukrainiens étant confrontés à une forte concurrence des entreprises européennes. De ce fait, l'exportation du malt ukrainien, coûteux, reste non rentable, ce qui freine l'activité du secteur de la transformation.
Le marché mondial de l'orge affiche des tendances similaires. Une forte demande a été enregistrée lors des achats internationaux. Par exemple, le 5 novembre, l'opérateur public jordanien MIT a acheté 60 000 tonnes d'orge fourragère de toute origine (sur les 120 000 tonnes prévues) auprès de Bunge. Le prix d'achat était de 269,25 $/tonne C&F, avec une livraison prévue au cours de la première quinzaine de janvier 2026, soit légèrement supérieur au niveau de fin août (264,25 $/tonne C&F).
Les principaux négociants internationaux ont participé à l'appel d'offres : Cargill (267,74 $/tonne), Dreyfus (266,00 $/tonne), Ameropa (275,00 $/tonne), Olam (269,50 $/tonne) et Agrocorp (276,00 $/tonne). Ces résultats confirment l'intérêt constant du marché mondial pour les approvisionnements en céréales et indiquent que la hausse des prix mondiaux soutient davantage les exportateurs ukrainiens.
Ainsi, la hausse actuelle des prix de l'orge en Ukraine résulte de la combinaison de plusieurs facteurs : la faiblesse des ventes des agriculteurs, la hausse des coûts logistiques et la reprise de la demande internationale. Les analystes prévoient une stabilisation de la situation après la baisse des coûts de transport, mais un renforcement des prix intérieurs reste possible à court terme.
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